Thursday, July 16, 2026

Big Brother was watching you. Now, he thinks for you.

« Big Brother vous surveillait. Désormais, il pense pour vous. »
19∞4, un mois après — des premiers lecteurs à Genève
Alger, 16 juillet 2026

[FR]

Un mois. C'est le temps qu'aura mis un manifeste de 84 pages, écrit depuis Alger, à voyager plus loin que je ne l'espérais — jusqu'aux mains d'une lauréate du prix Nobel de la paix, à Genève, dans l'enceinte du tout premier Dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'intelligence artificielle.

Le 11 juin 2026, je publiais 19∞4 — La lobotomie douce. Une réponse à Orwell, écrite par un architecte. La thèse tient en une ligne, et cette ligne a fait son chemin :

« Big Brother vous surveillait. Désormais, il pense pour vous. » 

👉 La lobotomie douce

1984 n'était pas une année : c'était une boucle. Quarante ans après Orwell, la surveillance a changé de nature — elle ne nous surveille plus seulement, elle pense à notre place. Le danger n'est plus qu'on nous arrache la pensée. C'est qu'on nous épargne la peine de penser — et que nous disions merci.

Couchez le 8 d'Orwell sur le côté : il devient l'infini.

Ce que les premiers lecteurs en ont fait

Un livre n'existe que lu. Et les premières lectures ont dépassé ce que j'attendais — non par les compliments, mais par ce qu'elles ont fait du texte.

L'un des plus grands architectes vivants, à qui j'avais adressé l'ouvrage en avant-première, m'a répondu en trois mots qui valent des pages :

« Truly interesting… I'll call you this weekend. »
R. K., architecte

Un capitaine d'industrie algérien en a livré la lecture la plus structurée qu'il m'ait été donné de recevoir :

« Ton ouvrage est original. La métaphore de la "lobotomie douce" constitue à elle seule une contribution intellectuelle : elle déplace le débat du terrain de la contrainte vers celui de la délégation volontaire. Là où beaucoup voient un risque de domination, tu décris un risque d'atrophie. […] Nous avons passé des décennies à guetter la botte alors que le danger pouvait venir du coussin. […] On sent l'architecte derrière l'écrivain : la forme ne sert pas le propos, elle fait partie du propos. Tu ne décris pas seulement un phénomène : tu en dessines la structure invisible, les circulations, les dépendances et les lignes de force. »
S. O., entrepreneur et dirigeant

Un ami architecte l'a lu d'une traite, en vol, entre Alger et Marseille — pendant que l'écran de sa cabine affichait, en chiffres rouges, quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à 19∞4 :

« Tu arrives à la page 84 à bout de souffle, haletant — dans une cabine pressurisée, heureusement. Pari tenu. On le dirait écrit avec 99 % de punchline. Pour les amoureux des tournures qui vont droit au but, pari gagné. »
M. L. M., architecte

Un autre l'a recopié à la main, passage après passage, sur son mur public — transformant sa lecture en acte de transmission :

« Un livre sorti des tripes d'un véritable penseur. Époustouflé. […] Comment en est-on arrivé à penser que la pensée est plus dangereuse que les armes qui tuent sur place ? »
H. B., lecteur et passeur

Un universitaire y a vu une exigence posée au lecteur :

« Ton manifeste n'est ni descriptif ni analytique : il exige du lecteur une interaction et rejette le lecteur passif. Cette interpellation est philosophique. Chaque mouvement est un chantier ouvert à plusieurs développements. »
B. B., professeur

Un autre l'a inscrit dans une généalogie que je n'avais pas anticipée :

« J'avais fait référence au Choc du futur de Toffler (1970), qui posait ses préoccupations devant les prouesses technologiques — mais sans la gravité actuelle de l'IA. Bravo pour la cohérence de cette critique super large d'Orwell. »
A. B., lecteur

Et une consœur a dit ce que l'écrit fait à notre métier :

« J'admire les architectes qui s'arrêtent de parler pour écrire. La redondance verbale devient une pensée structurée une fois les paroles couchées sur papier. Mais il faut cet effort que beaucoup ont du mal à fournir. »
S. S., architecte

De la page à Genève

Le livre appelait, dès sa dédicace, à une agence internationale de l'intelligence artificielle, sur le modèle de l'AIEA — un appel que je porte publiquement depuis avril 2023, un mois avant OpenAI, sept semaines avant que l'ONU ne s'en saisisse.

Un mois après sa parution, les 6 et 7 juillet derniers, j'étais à Palexpo, Genève, participant accrédité au premier Global Dialogue on AI Governance des Nations Unies — l'enceinte même que le livre anticipait. Deux jours dans la salle où les 193 États membres ont, pour la première fois, pensé ensemble la gouvernance de l'IA ; deux jours à porter une voix du Sud, celle d'un architecte qui lit l'IA comme on lit une ville.

J'y ai remis des exemplaires dédicacés — dont un à Maria Ressa, prix Nobel de la paix et co-présidente du Panel scientifique international sur l'IA, dont le rapport préliminaire fut présenté en ouverture. Son combat — ce que les plateformes font à la vérité — est le versant journalistique de ma lobotomie douce : nous regardons le même phénomène par deux fenêtres.

J'ai écrit un livre où j'évoquais ce sommet. Puis je m'y suis assis. Il y a des moments où l'écrit précède le réel.

Lire l'IA comme on lit une ville

Pourquoi un architecte écrit-il sur l'intelligence artificielle ? Parce qu'un urbaniste ne juge pas une ville à sa façade — il la lit à sa structure, à ce qu'elle organise sans qu'on le voie : qui a accès, qui est présent, qui est exclu. L'IA est une architecture de ce genre. Une architecture invisible de nos choix.

Nous avons couvert la Terre de la même façade de verre, de Shanghai à Alger. Aujourd'hui, le risque n'est plus l'espace sans qualités — c'est la pensée sans aspérité. Des modèles qui produisent partout la même phrase. Une langue qui écrase les autres.

C'est tout le sujet du livre. Et c'est, je crois, la raison pour laquelle il voyage.

📖 Édition française — broché & Kindle :
👉 https://amzn.eu/d/0aFhTUU4




“Big Brother was watching you. Now, he thinks for you.”
19∞4, one month later — from first readers to Geneva
Algiers, 16 July 2026

[EN]

One month. That is how long it took an 84-page manifesto, written from Algiers, to travel further than I had hoped — into the hands of a Nobel Peace Prize laureate, in Geneva, at the United Nations' first-ever Global Dialogue on AI Governance.

On 11 June 2026, I published 19∞4 — The Soft Lobotomy. A reply to Orwell, written by an architect. The thesis holds in one line, and that line has made its way:

"Big Brother was watching you. Now, he thinks for you."

👉 The Soft Lobotomy

1984 was not a year: it was a loop. Forty years after Orwell, surveillance has changed in nature — it no longer merely watches us, it thinks in our place. The danger is no longer that our thinking will be taken from us. It is that we will be spared the effort of thinking — and will say thank you.

Tip Orwell's 8 on its side: it becomes infinity.

What the first readers did with it

A book only exists once read. And the first readings went beyond my hopes — not in their praise, but in what they did with the text.

One of the greatest living architects, to whom I had sent the book ahead of publication, replied in a handful of words worth pages: "Truly interesting… I'll call you this weekend."R. K., architect.

An Algerian business leader offered the most structured reading I have received: "The 'soft lobotomy' metaphor is an intellectual contribution in itself: it shifts the debate from coercion to voluntary delegation. Where many see a risk of domination, you describe a risk of atrophy. We spent decades watching for the boot, when the danger might come from the cushion. One senses the architect behind the writer: the form does not serve the argument — it is part of it."S. O., entrepreneur.

An architect friend read it in one sitting, mid-flight between Algiers and Marseille, while his cabin screen happened to display red digits uncannily close to 19∞4: "You reach page 84 breathless — luckily in a pressurized cabin. Written with 99% punchline. Bet won."M. L. M., architect.

Another copied entire passages by hand onto his public wall, turning his reading into an act of transmission: "A book straight from the guts of a true thinker. How did we come to believe that thought is more dangerous than the weapons that kill on the spot?"H. B.

A professor saw in it a demand made upon the reader: "Neither descriptive nor analytical: it demands interaction and rejects the passive reader. Each movement is an open construction site."B. B.

From the page to Geneva

From its dedication onward, the book called for an international agency for artificial intelligence, modelled on the IAEA — a call I have made publicly since April 2023, one month before OpenAI, seven weeks before the UN took up the question.

One month after publication, on 6–7 July, I was at Palexpo, Geneva, an accredited participant at the United Nations' first Global Dialogue on AI Governance — the very forum the book anticipated. Two days in the room where all 193 member states thought together, for the first time, about governing AI; two days carrying a voice from the South — an architect who reads AI the way one reads a city.

I handed signed copies there, including one to Maria Ressa, Nobel Peace Prize laureate and co-chair of the International Scientific Panel on AI, whose preliminary report opened the summit. Her lifelong fight — what platforms do to truth — is the journalistic face of my soft lobotomy: we watch the same phenomenon through two different windows.

I wrote a book that named this summit. Then I took my seat at it. There are moments when the written word precedes the real.

Reading AI the way we read a city

Why does an architect write about artificial intelligence? Because an urbanist never judges a city by its façade — he reads it by its structure, by what it organizes unseen: who has access, who is present, who is excluded. AI is an invisible architecture of our choices.

We covered the earth in the same glass façade, from Shanghai to Algiers. Today the risk is no longer space without qualities — it is thought without texture. Models that produce the same sentence everywhere. One language flattening the rest.

That is the whole subject of the book. And it is, I believe, why it travels.

📖 English edition — paperback & Kindle:
👉 https://a.co/d/07MjgLTD



/////// Nacym Baghli — architecte & urbaniste, Alger · architect & urbanist, Algiers
19∞4 — La lobotomie douce / The Soft Lobotomy · 20xx Éditions, juin 2026