Saturday, August 19, 2017

Le Laid, Le Beau & Le Critique

Francis Bacon
Three Studies for a Self-Portrait (1979-80)
The Metropolitan Museum of Art, NYC

J’aime le Laid, le Banal,
le "Critique".

J’aime ce qui m’interpelle,
me questionne,
me tourmente,
m’interroge.

Le beau,
l’accepté,
le convenu,
ne m’intéressent point.

Le beau est figé, arrêté, définitif.
Le laid, le banal, élargissent le champ des possibles.

Le beau est condamné, à perpétuité, définitivement.
Le laid, le banal, sont inachevés, critiques, critiquables, discutables.

Le beau est enseigné, martelé, décrété, acclamé, imposé.
Le banal est instinctif, inné, innocent.

Le beau est prisonnier de ses amateurs.
Le laid, lui, est libéré de ses détracteurs.

Le beau m’indiffère, me laisse de marbre.
Le banal m’inspire, attise ma curiosité.

Le beau est gravé dans le registre officiel de la bienséance.
Le laid ne s'encombre pas des canons « officieux » de la beauté.

Le laid m’émeut, me raconte une histoire, drôle, douloureuse, parfois les deux dans le même temps.
Le beau ne me dit rien, rien que je ne sache déjà.

Le laid éveille mes sens, excite mon imagination, titille mon « intellect ».
Le beau m’anesthésie, m'endort, me tue à petit feu.

Le beau est factice, corrompu, altéré.
Le laid est vivace, authentique, chaotique.

Le beau se travestit pour survivre.
Le laid se met à nu, ne meurt jamais.

Le banal remplit l’espace, nos rues, nos villes, tout en silence.
Le beau, fige l’espace, nos rues, nos villes, en criant fort.

Le laid, le banal, traversent les temps, discrètement, avec honneur et humilité.
Le beau, lui, supplie le temps, avec orgueil et arrogance.

Le beau exige toujours plus de l’autre.
Le laid est, quant à lui, fier et indépendant.

Le beau a besoin du laid et du banal pour exister.
Le laid, le banal, eux, n’ont nul besoin d'autrui.

À se demander, à propos du laid et du banal...
N'ont-ils jamais eu, historiquement et véritablement, le « beau » rôle ?
N'ont-ils jamais été, secrètement, désirés ?
N'ont-ils jamais été, simplement, beaux ?

(Critica)lement vôtre,
NB

Illustration :
Critical Beauty? / Beauté Critique ?
Francis Bacon
Three Studies for a Self-Portrait (1979-80)
The Metropolitan Museum of Art, NYC


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Articles connexes :
Art Attack!
Le Génie du Vide

Monday, February 13, 2017

[#mySTAGRAM] X #Algiers!

///INVITATION////

À l’occasion de la célébration des +20 ans de nos entreprises, #arfen+copyfen, le fen CLUB a le plaisir de vous convier au vernissage, et à expérimenter avec nous en avant-première, - The [mySTAGRAM] experience Algiers! - en ce Samedi 18 février à 18H00, au niveau de nos bureaux.

Participants confirmés : Samir Toumi, Mourad Krinah, Sara Nadia Mehchem, Hania Zazoua, Thiziri Boukhalfa, Abdellah Mallek, Omar Zelig (guest star), Nejma Rondeleux, Mahrez Rabia et Nacym Baghli

///CONCEPT/PERFORMANCE///
/Le dévoilement numérique de/du « soi » ?
\\\\\\\Les mySTAGRAMers, eux-mêmes, ne découvriront leurs œuvre/reflet que le jour du vernissage///////
//162 photos prises dans l’ordre chronologique, brut de décoffrage, telles qu’elles figurent sur le compte Instagram du participant, sans retouche ni censure, puis assemblées en un seul panneau
///Le résultat est une image arrêtée, un instantané, une mosaïque, voire le reflet du propriétaire du compte, car unique occasion de visualiser un aussi grand nombre d’images (162, en l’occurrence) en un seul coup d’œil
////Interaction le jour du vernissage, physique et/ou virtuelle, entre le public et les participants
/////Profils diversifiés (âge, sexe, fonction, lieu de résidence, nationalité,...) pour un échantillon aux ADN "artistiques" aussi variés que possible
//////Expérimentation/Exposition sans contrainte de temps, ni de lieu, qui se perpétuerait et se renouvellerait au fil des occasions et au gré des opportunités
///////Nacym & Sihem Baghli
Welcome to all!

#mySTAGRAM #fenCLUB
>>https://www.facebook.com/events/411741812503591/

Wednesday, August 17, 2016

Game of Scales

Game of Scales / Jeu d’Échelles

(Part of >₩¥$!₩¥G, my unsolicited contribution to Fundamentals for the 2014 Venice Architecture Biennale)

Rules/
Scale, Perception and Relativity:
Add your city, and you should now have another look on its size.

Règles/
Echelle, Perception et Relativité :
Rajoutez votre ville, et vous devriez désormais avoir un autre regard sur sa taille.

Tools / Outils
Google Earth
Altitude: 35,000 m
Rayon/Radius: 10 km
Adobe Photoshop

In alphabetical order
Par ordre alphabétique
#Algiers, #Istanbul, #Lagos, #London, #Mumbai, #NewYork, #Paris

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>Rem's Cadavre Exquis
>₩¥$!₩¥G

Wednesday, July 13, 2016

Art Attack!

Hope, 2011-2012
by Adel Abdessemed
Refugee boat and resin
‘Who’s afraid of the big bad wolf?’ (*)
Qui a peur du grand méchant loup ? (*)
À mes amis artistes, architectes et créatifs lambda de tous bords.

Bien étrange phénomène. De plus en plus de galeries d'art ouvrent leurs portes ces derniers temps à Alger. Je ne peux évidemment que m'en réjouir. Mais étrange phénomène tout de même car elles restent désespérément vides, ou plutôt vidées. Vidées de leur sens et de leur substance. À croire aussi qu'elles sont parfois habitées par le vide, seul art possible et imaginable en ces temps. Étrange phénomène, enfin, peut-être parce que les œuvres elles-mêmes et leurs publics se font attendre, se laissent désirer. Alors on attend, patiemment, que l’alchimie opère. Certes, quelques timides (mais néanmoins louables) tentatives pointent du nez, ici et là. Une goutte d'eau dans un océan d'art-ifice, d'art officiel, d'art superficiel. Et si les deux venaient à répondre présent un jour, j'aimerai tant alors que cette communion, entre l'œuvre et son public, soit célébrée dans la quête absolue d'un Avant-gardisme (perdu ?), au sens le plus large du terme. Art, Algérien, et Avant-gardiste. Absolument.

Nous avons perdu tellement de temps à nous infliger du conventionnel et du convenu qu'il en devient urgent d'aller au plus court et au plus vite, au raccourci, temporel et intellectuel.

De par notre propre histoire contemporaine de l'art (et non de notre art contemporain), nous ne pouvons que nous inscrire dans une telle vision, Avant-gardiste. Donc, oui pour l'Art avec un grand "A" dans toutes ses expressions, terminaisons, déclinaisons, y compris l'architecture bien-sûr (même si ceci est un autre débat). Mille fois, oui ! Mais dans un élan, et pour un mouvement résolument Avant-gardiste, avec un tout aussi grand "A". Le temps presse et joue contre nous. La créativité n'attend pas, les mentalités (inter)changeantes et interchangeables, non plus. L’opportunisme nous guette. Cette affaire est donc l’affaire de tous, aujourd'hui et maintenant. Assoiffés, asphyxiés, agonisant presque de ce manque, nous, les professionnels, amoureux, ou simples amateurs, avons tant besoin de ce souffle... d'art. Aussi bien les uns que les autres.

Pour-cela, artistes, architectes, galeristes, mécènes, enseignants, donneurs d‘ordre, petits et grands, publics ou privés, citoyens lambda,... De grâce, épargnez-nous -et dénoncez par tous les moyens d'expression artistique dont vous disposez- l'art-ifice, l'art factice, l'art institutionnel et institutionnalisé, le lisse et le neutre, le beau et le très beau, l'approximatif et le vague, l'hésitant et le condescendant, les fausses traditions, les piètres références, maintes fois biaisées, faussées volontairement ou pas, l’art instrumentalisé. Bref, dénoncez de toutes vos forces et épargnez-nous surtout cet art simpliste, simplet et populiste, ce -ridicule qui désormais tue- dans l'œuf notre créativité, brûle à vif notre matière grise, et nous fait littéralement la peau au fil des vernissages pompeux et des inaugurations stériles. Résultat : villes incultes, cités anesthésiées, espaces urbains "moins-disant", infructueux, places publiques violées, déshonorées par un art suspect et corrompu, musées et galeries lobotomisés et vidés de leur substance créative. Cet art-ifice finira par phagocyter, broyer toute fibre artistique naissante. L’essence même d’une société créatrice, son ADN, n’est-il pas imprimé d’abord dans la sensibilité des plus jeunes générations ? Ces générations, aussi bien que les autres, doivent désormais transcender, transgresser l’ordre artistique préétabli dans lequel nous avons été enfermés, pieds et poings (mains et esprits, devrais-je dire) liés, depuis trop longtemps maintenant.

Vous, les jeunes générations, pour tout cela, préférez plutôt le radical et le tranchant, l'affront et l'audace, le choquant et l'irrévérencieux, le troublant et l'incertain. L'art, plus que l'architecture, devra questionner, interpeller, secouer les consciences, ébranler les convictions. L'art, autant que l'architecture, se doit, à qui en use et abuse, d'être intelligent, pertinent, incisif, autrement, ce ne sera que des toiles insipides, noircies par l'imposture ou colorées par le folklore. Ce ne sera que des installations loufoques et rocambolesques, inintelligibles. Ce ne sera que des sculptures burlesques et risibles. Ce ne sera que des bâtiments gargantuesques dépourvus d'espaces, mais comblés par des volumes. Du vieux papier peint jauni, terni par la bureaucratie. Des paillettes et du clinquant en guise de trompe-l'œil. De la régularisation mais sans la règle. De la conformité mais sans le conformisme. Ce ne sera que de fausses illusions (sur désillusions) reflétées lamentablement et perpétuellement sur les miroirs de notre société. Ceux-là mêmes que devraient précisément porter nos galeries, musées et autres espaces de promotion, d'enseignement et d'expression de l'art, dans toutes ses formes et sous tous les angles.

Avant-gardiste. Il n'y a que cette posture qui puisse nous sauver de l'art-ifice ambiant. Nous avons perdu déjà tellement de temps, à tel point que nous nous sommes égarés nous-mêmes, en prétextant à chaque fois cette interminable quête -somme toute impossible- de nos identités multiples et complexes.

Passons outre ! Ce sera déjà une première victoire sur le Nous, Nous et Nous.
Oui, après Nous le déluge.
NB

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(*) 'Who’s afraid of the big bad wolf?' is an exhibition by Adel Abdessemed at David Zwirner Gallery, New York (February 17 - March 17, 2012)

#NoFolklore #EnoughFolklore #GoBeyondFolklore

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Le Laid, Le Beau & Le Critique

Tuesday, March 22, 2016

Wallgate

Banksy, Flying Balloons Girl
U.S.-Mexico Border Wall
Berlin Wall
(beta version, the petition below)

[Petitioning here the Directors of Architecture Exhibitions (amongst other actors), in general, and, Alejandro Aravena, the Director of the next Venice Biennale, Reporting From The Front, in particular.]

Following our last post, No Border Wall, there are now numerous questions arising from the subject.

Before that, let me summarize:
The architecture website in this case is the messenger (read it somewhere on twitter), it is the 'container' ; while the, so much changing and still unclear, 'content' comes from a third party...
I think that we all agree on this.
Okay, now what's the deal?
Wallgate (let's call it that) leads, for me, to several levels of critical reading and thinking. Things becomes really interesting now with all the protagonists: Content/Container, Actors/Observers, Pros/Cons, and so on.

So, the crux of the problem is the kind of relationship that we, architects, should have with media (magazines, websites,...), with architecture manifestations (biennales/triennales), with private/public institutions, with politics, with (the power of) money, even with our own clients.

And we have to ask ourselves also: what relationship do each party should, ethically and morally, have with the other?
Let us take some examples:
What is today the relationship between a magazine or a website with a biennale?
What kind of relationship do we have actually between any architecture manifestation and its sponsors?

Is there a conflict of interest? A "mélange des genres"?
Clearly, yes. How can it not?


This bring us to such inextricable situations:
Why can not we today boycott, without causing outcry and embarrassment, a particular media?
Is it because of the poor quality 'content', or because of the powerful 'container'?
Architects aim (and claim) to be critical, but,
How really independent (and free) are they?
That is the whole dilemma.


In the other hand, If we don't act now, such 'intellectual slippages' will become recurrent and trivialized. Quoting a friend here (on Facebook): "Are we just another brick in the wall?"
Hell no! We should be the brick that breaks down the wall!

Wallgate
Dear Alejandro,
As part of this concern for total independence, freedom of expression, and the right to criticism of Architects towards and beyond Architecture, Reporting From The Front, in the current context of migration issues (amongst others), should report from these cynical and controversial (border) walls, and thus open more widely the debate on the role and responsibility of Architects, where ever they are, what ever they do, in such tragic circumstances.
For me, this issue deserves to be worn both to the general public and the architectural sphere via the next Architecture Venice Biennale, otherwise, all that won't make sense.
'Reporting From The Walls', while running 'Reporting From The Front' in Venice this summer, seems to me, as architect, critically important. They are a lot, and we are not talking about only those physical barriers. Political, economical and/or ideological walls are disseminated, unfortunately, all across the world.
Yet precisely, isn't Architecture all about freedom?
From Controversy to Petition
For all these questions, we are launching today this (rather moral and symbolic) petition, and we are asking simply this from all those active in the fields of Architecture:
Architects, free yourselves. Go beyond Architecture.
Today, more than ever.

>Sign the petition!