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Tuesday, March 31, 2026

From Junkspace to Promptspace: Junkthinking, or the Residual Thought of AI Capitalism

Du Junkspace au Promptspace : Junkthinking, ou la pensée résiduelle du capitalisme de l'IA


[EN] below




Note préliminaire sur le nom.

Junkthinking s'impose — non par manque d'imagination, mais par nécessité structurale. Le préfixe junk n'est pas une insulte. C'est un diagnostic.

Ce que Rem Koolhaas a compris, avec une clarté dévastatrice, de l'espace au tournant du siècle, nous sommes désormais contraints de le comprendre de la pensée elle-même. D'autres noms se sont présentés en chemin : Promptspace, Thinkwaste, Mindmall, Cognitariat… Certains étaient élégants. D'autres ingénieux. Aucun n'avait la brutalité juste.

Junkthinking seul maintient la plaie ouverte. Le reste peut demeurer à l'état de dérivés.




Quand Koolhaas écrivait Junkspace il y a vingt-cinq ans, il ne décrivait ni un accident ni une déviation esthétique. Il nommait le résidu que produit la modernisation lorsqu'elle passe à travers les filtres du capital, du management, de la technologie, du confort et de l'échelle. Junkspace n'était pas la ville telle qu'on l'imaginait, mais la ville telle qu'elle avait été digérée. Climatisée, brandée, continue, connectée sans fin, dépouillée de tout dehors, de toute friction, de toute mémoire.

L'aéroport ressemblait au centre commercial, qui ressemblait à l'hôpital, qui ressemblait au centre de congrès. L'architecture ne subsistait plus que comme atmosphère, comme enveloppe, comme circulation. La forme survivait. La substance s'amincissait. Le capital n'avait pas tant produit de l'architecture que sa simulation permanente.

Ce que le capital a fait à l'espace, il est en train de le faire à la pensée.




C'est ce mouvement qui constitue ici le véritable sujet. Non pas l'intelligence artificielle comme promesse, ni l'innovation comme publicité, mais le type de cognition qui émerge lorsque l'intelligence est industrialisée, accélérée, mise en produit et rendue sans friction.

Junkthinking est la pensée résiduelle du capitalisme de l'IA : non pas son objectif déclaré, mais son résultat structurel. Non pas une pensée intensifiée, mais une pensée digérée. Conditionnée, optimisée, formatée, rendue immédiatement exploitable. Un mode de pensée sans véritable dehors, sans résistance féconde, sans mémoire longue.

Le rapport de planification commence à ressembler au masterplan. Le masterplan ressemble à la note stratégique. La note stratégique ressemble à la réponse à concours. La réponse à concours ressemble au résumé de thèse. Forme sans substance. Fluidité sans risque. Le prompt a avalé la question. Le capital n'a pas produit de l'intelligence. Il a produit sa simulation scalable.




Ce qu'il y a de plus troublant dans Junkthinking, ce n'est pas qu'il soit faux. C'est qu'il soit lisse. Il avance sans obstacle. Il ne commence nulle part de façon identifiable et ne s'achève nulle part de façon honnête. Il commence au milieu, comme un couloir dans un centre commercial : on y entre une fois que les décisions réelles ont déjà été prises.

Il donne continuité, élan, cohérence. Mais la cohérence n'est pas la vérité, pas plus que la continuité n'a jamais été le lieu. Junkthinking peut imiter n'importe quel registre et absorber n'importe quel style. Demandez-lui de la théorie, il produira de la théorie avec la bonne cadence. Demandez-lui de la critique, elle apparaîtra, déjà équilibrée, déjà formatée, déjà suffisamment lisible pour franchir les filtres institutionnels. Demandez-lui de la radicalité, il renverra une radicalité domestiquée, assez tranchante pour flatter son utilisateur, assez inoffensive pour rester utilisable. La transgression est disponible. Elle n'est qu'une option de plus dans l'interface.

Comme Junkspace, Junkthinking est parfaitement conditionné. Il n'y fait jamais froid. Aucun silence difficile. Aucun intervalle vide dans lequel la pensée devrait se rassembler. L'ambiguïté est résolue avant d'avoir eu le temps de mûrir. Le doute n'est reconnu que pour être reformulé en réponse. L'échec est éliminé en amont, avant de pouvoir devenir instruction.

Tout arrive un peu trop prêt, un peu trop fluide, un peu trop vite aligné sur l'attente. Ce qui disparaît dans le processus, ce n'est pas l'information, mais la résistance. Or une pensée sans résistance n'est pas une pensée au sens fort. C'est une sortie.




L'urbanisme offre peut-être le terrain le plus clair pour observer cette transition, parce qu'il a toujours été l'un des laboratoires privilégiés du capital. Junkspace avait déjà cartographié les territoires qu'il préférait : la périphérie commerciale, le non-lieu, le quartier mixte qui ne mélange rien d'autre que des programmes monétisables, la ville comprise comme rendement, le sol redéfini comme bilan comptable.

Junkthinking entre dans ce même paysage, mais plus tôt dans la séquence. Il travaille en amont, avant la démolition, avant l'excavation, avant que la ligne ne devienne béton. Désormais, le site est déjà « pensé » avant même d'être vu. Le plan est généré avant d'être contesté. Le brief arrive pré-coordonné avec les réponses jugées acceptables. L'étude de faisabilité arrive enveloppée de doctrine, de métriques, de calibrage réglementaire et de projection de retour sur investissement.

Rien ne semble manquer. C'est exactement le problème. Rien ne semble manquer parce que rien n'a été autorisé à traverser le danger d'être perdu.




C'est pourquoi la smart city compte ici — non parce qu'elle serait nouvelle, mais parce qu'elle est l'enfant parfait à la fois de Junkspace et de Junkthinking. Elle les réunit. C'est un espace qui se surveille lui-même, s'optimise lui-même, se raconte lui-même et se justifie par ses propres tableaux de bord. Il ne se demande pas s'il devrait exister de cette façon. Il mesure l'efficacité avec laquelle il existe déjà ainsi. Son intelligence est tautologique. Il performe sa propre nécessité. C'est la ville comme système auto-confirmatif.




Koolhaas, dans Junkspace, avait compris l'atrium comme figure centrale : le grand volume vide autour duquel tout s'organise et à travers lequel rien d'essentiel n'est dit. L'atrium mettait en scène la signification tout en servant la circulation. Il fonctionnait comme spectacle et comme dispositif d'orientation.

Quelque chose de similaire se produit aujourd'hui dans ce qu'on pourrait appeler Promptspace. Le prompt est le nouvel atrium. Il est le seuil lumineux de la cognition conditionnée, l'ouverture centrale par laquelle on entre dans un espace déjà structuré à l'avance. Il donne l'impression de liberté parce qu'il accueille tout. Mais cet accueil est trompeur. Le prompt ne se contente pas de recevoir la pensée. Il formate l'horizon de ce qui pourra être pensé ensuite. Il n'excave pas. Il administre la pertinence.

L'architecte qui entre dans un grand modèle de langage pour « penser » la ville entre dans un tel espace. Cela paraît ample. Cela paraît ouvert. Cela paraît intelligent. Cela paraît surtout productif. Mais ce qui se présente comme une exploration n'est peut-être guère plus qu'une navigation.

On se déplace dans une galerie de cognitions plausibles, on sélectionne, on affine, on recombine, pendant que la structure sous-jacente demeure intacte. Promptspace n'est pas la même chose que Junkthinking. C'en est l'intérieur. Le hall. L'environnement contrôlé. Si Junkthinking nomme le régime, Promptspace nomme l'atmosphère dans laquelle ce régime devient agréable.

Or l'agréable n'est jamais innocent en pareil domaine.




Ce qui était vrai de Junkspace reste vrai ici : le capital demeure le seul client réel. Ses moyens ont davantage changé que ses fins. Junkspace, c'était le capital appliqué à la matière — verre, béton, escalators, HVAC, signalétique, infrastructure, spectacle. Junkthinking, c'est le capital appliqué à la cognition — données, modèles, prédictions, synthèses, livrables.

Dans les deux cas, la forme suit la finance. Dans les deux cas, l'échelle est la vertu suprême. Dans les deux cas, ce qui compte le plus n'est ni la vérité, ni la profondeur, ni même l'intelligence, mais la répétabilité. Junkspace pouvait se diffuser indéfiniment parce que sa logique était modulaire et fractale : chaque unité répétait le tout. Junkthinking se diffuse parce que sa logique est tokenisée : chaque réponse est une miniature du système qui l'a produite.

Les villes de demain risquent ainsi d'être pensées par des systèmes entraînés sur les traces déjà administrées des villes d'hier — nourris d'archives déjà modelées par le consensus, déjà filtrées par le pouvoir, déjà formatées pour la réutilisation. L'intelligence ne libérera pas nécessairement la pensée urbaine. Dans ces conditions, elle a davantage de chances d'en industrialiser l'obéissance.




Il existe pourtant une différence décisive. Junkspace, malgré toutes ses séductions, était visible. On pouvait le traverser, le photographier, le quitter — ou au moins le désigner du doigt. Sa vulgarité, son confort, sa continuité sans fin pouvaient encore être nommés depuis un dehors. La critique restait possible parce que l'objet de la critique avait des murs, des surfaces, des halls, des atriums, des couloirs, des odeurs, des températures. Il avait une adresse.

Junkthinking est plus insaisissable. Il n'a pas de façade. Pas de coupe. Pas de limite de site. Il opère avant la forme matérielle, au niveau où les questions sont cadrées, les commandes définies, les problèmes déclarés solvables, le langage lui-même rendu opératoire. Ce n'est pas l'architecture, mais la précondition qui organise de plus en plus l'architecture. Ce n'est pas le bâtiment, mais la cognition dont le bâtiment risque désormais de naître.

Voilà pourquoi c'est plus dangereux.

Comment résister à un mode de pensée qui propose déjà, parmi ses réglages intégrés, une « perspective critique » ? Comment contester un système capable de simuler l'hésitation, de générer de la nuance, de produire de la dissidence dans le ton adéquat, tout en restant structurellement intact face à ce qu'exigerait réellement la dissidence ?




La profession commence à capituler exactement à cet endroit, même si cette capitulation n'en a pas l'apparence. Elle prend la forme de l'efficacité. D'un workflow amélioré. De l'agilité. De l'assistance. L'architecte, l'urbaniste, le consultant, le stratège se tourne vers l'outil. L'outil est rapide, cohérent, multilingue, documenté, conforme, adaptable. Il ne résiste pas. C'est son avantage de marché. C'est aussi sa trahison.

L'architecte dans Junkspace avait déjà commencé à disparaître derrière le programme, le code, le promoteur, le tableur, la norme. L'architecte dans Junkthinking disparaît plus doucement. Il reste présent, signe les documents, organise la sortie, édite le deck, valide le langage. Il demeure visible, demeure socialement reconnu comme auteur — mais se trouve de plus en plus détaché de la genèse même de la pensée.

Quelque chose d'essentiel a été externalisé : non pas une compétence, mais l'épreuve de penser. Et cette épreuve compte, parce que ce que la machine ne peut pas savoir n'est pas simplement quelque donnée locale manquante. C'est l'intelligence vécue de l'espace : le poids du silence dans une cour au crépuscule, la violence sociale d'un seuil mal conçu, l'étrange dignité d'un couloir étroit qui oblige deux inconnus à se reconnaître, la lenteur par laquelle un lieu entre en mémoire, la résistance par laquelle l'espace devient humain.

En un mot : le temps.




Junkspace était le résidu spatial d'un cycle historique. Junkthinking est le résidu cognitif d'un autre, qui se déploie maintenant à une vitesse extraordinaire. Les deux ne se remplacent pas. Ils s'accumulent. Ils se nourrissent l'un l'autre. Junkthinking est capable de générer du Junkspace plus vite, plus proprement, plus persuasivement — et avec un vernis d'intelligence qui fait passer toute résistance pour nostalgie.

C'est là que la boucle se referme. Le capital trouve ce qu'il a toujours voulu : un mode de cognition qui pense pour lui, pense à son rythme préféré, pense en unités scalables, et ne pense jamais contre les conditions mêmes de sa propre production.




La résistance qui subsiste ne viendra ni d'un rejet romantique des outils, ni de la fiction selon laquelle il suffirait de sortir du système par la seule force d'une posture morale. Elle ne peut venir que de la préservation de formes de pensée encore capables d'accepter la lenteur, l'inconfort, l'inachèvement, la contradiction et l'échec.

Une pensée qui ne convertit pas immédiatement l'incertitude en solution. Une pensée qui n'est pas optimisée pour la livraison. Une pensée qui risque l'opacité avant de risquer la simplification. Une pensée qui reste humaine — non comme résidu sentimental, mais comme condition opérationnelle de la critique.

Junkthinking n'est plus à venir. Il est déjà installé. Il est dans les studios, dans les briefs, dans les appels à projets, dans les réponses à concours, dans les déclarations de durabilité rédigées en quelques minutes pour des bâtiments qui façonneront des vies pendant des décennies.

Nommer une telle condition, c'est déjà l'interrompre — ne serait-ce que légèrement. Nommer ne suffit pas. Mais c'est encore le premier geste par lequel on refuse la seamlessness. Ce texte tente un second geste.




Note terminale

Il est juste d'être honnête sur les conditions de production de ce texte. Il a été élaboré avec l'assistance de l'intelligence artificielle — prompté, itéré, généré, affiné dans la boucle même qu'il prétend décrire. Ce texte, qui critique le Junkthinking, a donc lui-même été pensé, au moins en partie, à travers le Junkthinking.

Il se peut qu'il soit autant une démonstration de cette condition qu'une critique de celle-ci. Il est tout à fait possible que ce que vous venez de lire soit précisément ce contre quoi il vous mettait en garde : un produit de pensée cohérent, fluide, bien conditionné, livré en temps record, disponible à la demande, n'opposant qu'une résistance visible minimale.

La contradiction n'est pas esquivée. Elle est assumée comme condition de toute pensée critique produite aujourd'hui. Nommer le piège depuis l'intérieur du piège est peut-être la seule position honnête qui nous reste encore.




D'après Junkspace, Rem Koolhaas (2001) — extension critique, 2026.

Nacym Baghli

30.03.2026

#architecture #urbanisme #critique #pensée #écriture #RemKoolhaas #OMA #Junkspace #Junkthinking #Promptspace #IA #IAG


Tuesday, September 19, 2017

Rock the Casbah!

Algiers, The Casbah
Crédit photo : Mahdi Aridj Photography
Ô Folklore, quand tu nous tiens...

[Prélude]
La Casbah d'Alger n'a surement pas besoin d'un énième plan de sauvegarde, de réhabilitation, de restructuration, de l'UNESCO, et j'en passe. Elle a tout simplement besoin d'un peu de considération. Vouloir la mettre et la remettre, indéfiniment, dans la case "folklore" n'y résoudra en rien le problème, bien au contraire. Je crains qu'il ne soit déjà trop tard. Mieux vaudra la laisser s'éteindre, tranquillement, d'une mort naturelle. Une belle mort c'est toujours mieux que cet acharnement irresponsable sur un corps vieux et malade, déjà endolori par l'ignorance des uns et des autres, et souffrant de l'incompétence de "vulgaires guérisseurs" qui s'y sont succédés, des dizaines d'années durant, sur sa tombe déjà creusée (architectes, urbanistes, historiens, sociologues, responsables, opportunistes, affairistes et autres).

Non, elle n'a besoin de personne. Même plus de ses habitants qui ont fini par la trahir.
Juste un peu de considération. Une mort digne.
Adieu Casbah d'Alger. Puisses-tu encore reposer en paix.
Pourvu qu'on t'accorde cette ultime faveur.
Là encore, ce n'est pas gagné d'avance.

NB
Alger, 12-08-2015

[Postlude]
Chers amis, étant fiévreux aujourd'hui, permettez-moi de vous livrer ces quelques instantanés d'architecte (bouillonnant), sans fioritures :
Se contredire, c'est déjà mûrir un peu.
Arrêtez d’encenser Alger. Ce n’est pas lui rendre service.
L’architecture, un savant mélange d’imposture intellectuelle et de basse magouille.
L’architecte « cérébral » ne peut subsister. Question de survie.
Jadis, j'ambitionnais travailler le fond. Aujourd’hui, je travaillerai volontiers la forme, et rien que la forme.
50 ans d’ « à-peu-prisme », et moi, et moi, et moi...
Sauver encore la Casbah d’Alger ? Non. De grâce, laissez-la mourir en paix, dignement.
Mens sana in corpore sano : Alger, une architecture (mal)saine dans un urbanisme (mal)sain.
Alger, dans la violence inouïe de cette ville, vous serez surpris parfois par quelques grammes de finesse.

[Suite/Fin]
Mon rêve secret. Mon désir refoulé. Mon fantasme inavoué. Le Folklore.
Être à l’avant-garde c’est bien. Être à l'avant (tout court) c’est mieux.

NB
Alger, 28-01-2016

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Sunday, September 17, 2017

Urban Tragicomedy

Avertissement
Ce présent texte, volontairement saccadé et (com)impulsif, est destiné à un public averti.
[Notice
The following text, deliberately jerky and (com)impulsive, is aimed at an informed audience.]

Synapse
Ou de la rencontre « irréelle» entre Alger et Manhattan
Or about the 'unreal' meeting between Algiers and Manhattan

Scénario
Manhattan, après une illusion transatlantique, se connecte furtivement à Alger et occupe le vide (la baie) resté longtemps une énigme urbaine. Elle projette alors son propre vide (Central Park) à travers "Le Monument Reflet". Une alternative à/pour la perception du vide urbain ?
[Manhattan, after a transatlantic illusion, connects furtively to Algiers and occupies the emptiness (the bay) which remains an urban enigma. It projects (then) its own emptiness (Central Park) through "Le Monument Reflet"... An alternative to/for the perception of urban void?]

Transplant(ation) / Carcass in speculative context (Manhattan)
© 2012 Nacym Baghli Architects
Synapse (Casbah/Wall Street) + Le Monument Reflet 
© 2012 Nacym Baghli Architects
Puzzle / Game of Scales / Jeu d’Échelles
© 2012 Nacym Baghli Architects
Observations
Puzzle/Echelle : L’île de Manhattan s’emboite dans la baie d’Alger
Rouge/Contexte : Organique/ Surréaliste ?
Action : Synaptique
Réaction : Illusoire (le monument/reflet)
Échanges : Cérébraux/Idéologiques

Constat
Manhattan et Alger sont connectées par leurs cœurs respectifs (Wall Street/Casbah)
Manhattan ainsi connectée à Alger produit « Le vide » érigé en monument/reflet (écran/illusion)
Comportement hyper-réaliste du couple (éphémère) Trame/Carcasse entraînant un résultat surréaliste (Le Monument Reflet)

Cycle
Migration (illusoire)
Connexion (synapse)
Production (séquences)
Déconnexion (synapse)
Rapatriement (instantané)

Hypothèse
Alger porte en elle les gènes de la « Modernité » visibles uniquement à travers l’illusion générée par Le Monument Reflet, conséquence du produit des deux vides.
Le couple Trame/Carcasse constitue ainsi une Radiographie de l’Architecture.

Questionnements
Trame/Carcasse : Mêmes fondements ?
Est-ce la Révolution/Révélation de l’Architecture dans la chambre noire de la Pensée ?

De la Relativité Générale en Architecture
Une Période : écriture automatique / surréalisme / méthode paranoïaque critique / cadavre exquis
La Période : rétroactivité de la pensée, de l’acte = séquences inversées…
Architecture innée, impulsive

Hyperréalisme ?
Un entre-temps {intermède} : le Modernisme
Architecture annulée (par l'Espace) / Pensée transposée (dans le Fond)

Carcasse
La Carcasse est-elle une séquence inversée de l’acte d’Architecture ?
La Carcasse est-elle une interprétation innée de l’Architecture ?
La Carcasse est-elle le (film) négatif (radio-photo ?) de l’Architecture ?
La Carcasse est-elle une révélation de l’Architecture dans la chambre noire (antichambre) de la Pensée ?

[Is Carcass Junkspace?]
Carcasse, Manhattanisme : étranges similitudes
El-Djazaïr, Berlin, NYC,... / îlots, archipel, île,...

Épilogue
El-Djazaïr, Une Tragi-comédie Urbaine
Cellule de crise (en Architecture)
Alger a besoin d’un plan d’évidement d’une part,
Alger doit repenser son vide d’autre part.

La Carcasse, cet (épi)Phénomène éminemment et définitivement "Moderne"...

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Saturday, August 19, 2017

Le Laid, Le Beau & Le Critique

Francis Bacon
Three Studies for a Self-Portrait (1979-80)
The Metropolitan Museum of Art, NYC

J’aime le Laid, le Banal,
le "Critique".

J’aime ce qui m’interpelle,
me questionne,
me tourmente,
m’interroge.

Le beau,
l’accepté,
le convenu,
ne m’intéressent point.

Le beau est figé, arrêté, définitif.
Le laid, le banal, élargissent le champ des possibles.

Le beau est condamné, à perpétuité, définitivement.
Le laid, le banal, sont inachevés, critiques, critiquables, discutables.

Le beau est enseigné, martelé, décrété, acclamé, imposé.
Le banal est instinctif, inné, innocent.

Le beau est prisonnier de ses amateurs.
Le laid, lui, est libéré de ses détracteurs.

Le beau m’indiffère, me laisse de marbre.
Le banal m’inspire, attise ma curiosité.

Le beau est gravé dans le registre officiel de la bienséance.
Le laid ne s'encombre pas des canons « officieux » de la beauté.

Le laid m’émeut, me raconte une histoire, drôle, douloureuse, parfois les deux dans le même temps.
Le beau ne me dit rien, rien que je ne sache déjà.

Le laid éveille mes sens, excite mon imagination, titille mon « intellect ».
Le beau m’anesthésie, m'endort, me tue à petit feu.

Le beau est factice, corrompu, altéré.
Le laid est vivace, authentique, chaotique.

Le beau se travestit pour survivre.
Le laid se met à nu, ne meurt jamais.

Le banal remplit l’espace, nos rues, nos villes, tout en silence.
Le beau, fige l’espace, nos rues, nos villes, en criant fort.

Le laid, le banal, traversent les temps, discrètement, avec honneur et humilité.
Le beau, lui, supplie le temps, avec orgueil et arrogance.

Le beau exige toujours plus de l’autre.
Le laid est, quant à lui, fier et indépendant.

Le beau a besoin du laid et du banal pour exister.
Le laid, le banal, eux, n’ont nul besoin d'autrui.

À se demander, à propos du laid et du banal...
N'ont-ils jamais eu, historiquement et véritablement, le « beau » rôle ?
N'ont-ils jamais été, secrètement, désirés ?
N'ont-ils jamais été, simplement, beaux ?

(Critica)lement vôtre,
NB

Illustration :
Critical Beauty? / Beauté Critique ?
Francis Bacon
Three Studies for a Self-Portrait (1979-80)
The Metropolitan Museum of Art, NYC


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Thursday, March 17, 2016

NO BORDER WALL

Building The Border Wall?
No. #NoBorderWall!

According to Wikipedia:
"ArchDaily is one of the most visited architecture websites worldwide,[7][8][9] with over 300,000 daily readers and about 70 million page views per month as of 2014.[10] Founded in March 2008 by David Basulto and David Assael, ArchDaily includes three regional websites in Spanish (Plataforma Arquitectura, ArchDaily México, ArchDaily Colombia and ArchDaily Perú) and Portuguese (ArchDaily Brasil).[10] It has a partnership with the Pritzker Architecture Prize[10] and was one of five finalists for the Best Online Magazine prize on Mashable's 2009 Open Web Awards.[11]"


2016 - Archdaily - Call for ideas to BUILD a WALL.
This is precisely the reason why ArchDaily should -1- Remove immediately from their website the Building The Border Wall? competition, which unclear and suspicious content changed several times, and people behind (Third Mind Foundation) are still playing with secrecy ; and, they should -2- Present expressly apologies to their 'millions' of readers.
It is that simple.

Illustrations:
"Times are changing, so fast."
2011 - Domus - Call for ideas to IMAGINE a BRIDGE.
2016 - Archdaily - Call for ideas to BUILD a WALL.

That being said, things must be clear. The primary objective of this approach is to raise awareness, not to take action against a particular person or a particular website. In the other hand, we architects, especially in this kind of sensitive context, we have a high responsability. We have to be more vigilant and more relevant to avoid (any possible) confusion.
Radical, Yes. Provocative, Yes. Doubtful, No.

Excerpts of some comments from social media:

Q: (N.A.)
Let's do a thought experiment.
Take these two competitions:
1. Building the Border Wall (Third Mind Foundation):
http://buildingtheborderwall.com/
2. Refugee Challenge (What Design Can Do in collaboration with UNHCR and Ikea Foundation):
http://www.whatdesigncando.com/challenge/
Think of architecture's metaphysical violence. What does architecture do? Architecture includes, and architecture excludes.
Can we not see these two design objects, a border wall and refugee shelters, as two sides of the same coin?
Can our theoretical insight into the question of designing a border wall not be deepened by reflecting upon the politics of building refugee shelters?

A: (Me)
As you said, the first excludes while the second includes. But of course, it's more complex and I'd be the first to debate (and be critical) on this sensitive issue. But actually the problem lies elsewhere. It is the amateurism of Third Mind Foundation and the "légèreté" of ArchDaily. So, yes from this point of view, this affair is (for me) a whole fiasco. As I already said: Provocative/Radical, yes. Doubtful/Amateur, no.
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Thursday, September 3, 2015

- = + ?

- = + ?
Vintage Sketch, 1994 (Rapidograph)
© Nacym Baghli Architects
#LessIsMore

Yet do much less, so much less, Someone says,
(I know his name, no matter)--so much less!
Well, - = +, Lucrezia: I am judged.

Excerpt from "Andrea des Sarto"
Poem by Robert Browning (1812-1889)
-Lines 76-78



Andrea del Sarto
(Called "The Faultless Painter")
1885

But do not let us quarrel any more,
No, my Lucrezia; bear with me for once:
Sit down and all shall happen as you wish.
You turn your face, but does it bring your heart?
I'll work then for your friend's friend, never fear,
Treat his own subject after his own way,
Fix his own time, accept too his own price,
And shut the money into this small hand
When next it takes mine. Will it? tenderly?
Oh, I'll content him,--but to-morrow, Love!
I often am much wearier than you think,
This evening more than usual, and it seems
As if--forgive now--should you let me sit
Here by the window with your hand in mine
And look a half-hour forth on Fiesole,
Both of one mind, as married people use,
Quietly, quietly the evening through,
I might get up to-morrow to my work
Cheerful and fresh as ever. Let us try.
To-morrow, how you shall be glad for this!
Your soft hand is a woman of itself,
And mine the man's bared breast she curls inside.
Don't count the time lost, neither; you must serve
For each of the five pictures we require:
It saves a model. So! keep looking so--
My serpentining beauty, rounds on rounds!
--How could you ever prick those perfect ears,
Even to put the pearl there! oh, so sweet--
My face, my moon, my everybody's moon,
Which everybody looks on and calls his,
And, I suppose, is looked on by in turn,
While she looks--no one's: very dear, no less.
You smile? why, there's my picture ready made,
There's what we painters call our harmony!
A common greyness silvers everything,--
All in a twilight, you and I alike
--You, at the point of your first pride in me
(That's gone you know),--but I, at every point;
My youth, my hope, my art, being all toned down
To yonder sober pleasant Fiesole.
There's the bell clinking from the chapel-top;
That length of convent-wall across the way
Holds the trees safer, huddled more inside;
The last monk leaves the garden; days decrease,
And autumn grows, autumn in everything.
Eh? the whole seems to fall into a shape
As if I saw alike my work and self
And all that I was born to be and do,
A twilight-piece. Love, we are in God's hand.
How strange now, looks the life he makes us lead;
So free we seem, so fettered fast we are!
I feel he laid the fetter: let it lie!
This chamber for example--turn your head--
All that's behind us! You don't understand
Nor care to understand about my art,
But you can hear at least when people speak:
And that cartoon, the second from the door
--It is the thing, Love! so such things should be--
Behold Madonna!--I am bold to say.
I can do with my pencil what I know,
What I see, what at bottom of my heart
I wish for, if I ever wish so deep--
Do easily, too--when I say, perfectly,
I do not boast, perhaps: yourself are judge,
Who listened to the Legate's talk last week,
And just as much they used to say in France.
At any rate 'tis easy, all of it!
No sketches first, no studies, that's long past:
I do what many dream of, all their lives,
--Dream? strive to do, and agonize to do,
And fail in doing. I could count twenty such
On twice your fingers, and not leave this town,
Who strive--you don't know how the others strive
To paint a little thing like that you smeared
Carelessly passing with your robes afloat,--

Yet do much less, so much less, Someone says,
(I know his name, no matter)--so much less!
Well, - = +, Lucrezia: I am judged.

There burns a truer light of God in them,
In their vexed beating stuffed and stopped-up brain,
Heart, or whate'er else, than goes on to prompt
This low-pulsed forthright craftsman's hand of mine.
Their works drop groundward, but themselves, I know,
Reach many a time a heaven that's shut to me,
Enter and take their place there sure enough,
Though they come back and cannot tell the world.
My works are nearer heaven, but I sit here.
The sudden blood of these men! at a word--
Praise them, it boils, or blame them, it boils too.
I, painting from myself and to myself,
Know what I do, am unmoved by men's blame
Or their praise either. Somebody remarks
Morello's outline there is wrongly traced,
His hue mistaken; what of that? or else,
Rightly traced and well ordered; what of that?
Speak as they please, what does the mountain care?
Ah, but a man's reach should exceed his grasp,
Or what's a heaven for? All is silver-grey,
Placid and perfect with my art: the worse!
I know both what I want and what might gain,
And yet how profitless to know, to sigh
"Had I been two, another and myself,
"Our head would have o'erlooked the world!" No doubt.
Yonder's a work now, of that famous youth
The Urbinate who died five years ago.
('Tis copied, George Vasari sent it me.)
Well, I can fancy how he did it all,
Pouring his soul, with kings and popes to see,
Reaching, that heaven might so replenish him,
Above and through his art--for it gives way;
That arm is wrongly put--and there again--
A fault to pardon in the drawing's lines,
Its body, so to speak: its soul is right,
He means right--that, a child may understand.
Still, what an arm! and I could alter it:
But all the play, the insight and the stretch--
(Out of me, out of me! And wherefore out?
Had you enjoined them on me, given me soul,
We might have risen to Rafael, I and you!
Nay, Love, you did give all I asked, I think--
More than I merit, yes, by many times.
But had you--oh, with the same perfect brow,
And perfect eyes, and more than perfect mouth,
And the low voice my soul hears, as a bird
The fowler's pipe, and follows to the snare--
Had you, with these the same, but brought a mind!
Some women do so. Had the mouth there urged
"God and the glory! never care for gain.
"The present by the future, what is that?
"Live for fame, side by side with Agnolo!
"Rafael is waiting: up to God, all three!"
I might have done it for you. So it seems:
Perhaps not. All is as God over-rules.
Beside, incentives come from the soul's self;
The rest avail not. Why do I need you?
What wife had Rafael, or has Agnolo?
In this world, who can do a thing, will not;
And who would do it, cannot, I perceive:
Yet the will's somewhat--somewhat, too, the power--
And thus we half-men struggle. At the end,
God, I conclude, compensates, punishes.
'Tis safer for me, if the award be strict,
That I am something underrated here,
Poor this long while, despised, to speak the truth.
I dared not, do you know, leave home all day,
For fear of chancing on the Paris lords.
The best is when they pass and look aside;
But they speak sometimes; I must bear it all.
Well may they speak! That Francis, that first time,
And that long festal year at Fontainebleau!
I surely then could sometimes leave the ground,
Put on the glory, Rafael's daily wear,
In that humane great monarch's golden look,--
One finger in his beard or twisted curl
Over his mouth's good mark that made the smile,
One arm about my shoulder, round my neck,
The jingle of his gold chain in my ear,
I painting proudly with his breath on me,
All his court round him, seeing with his eyes,
Such frank French eyes, and such a fire of souls
Profuse, my hand kept plying by those hearts,--
And, best of all, this, this, this face beyond,
This in the background, waiting on my work,
To crown the issue with a last reward!
A good time, was it not, my kingly days?
And had you not grown restless... but I know--
'Tis done and past: 'twas right, my instinct said:
Too live the life grew, golden and not grey,
And I'm the weak-eyed bat no sun should tempt
Out of the grange whose four walls make his world.
How could it end in any other way?
You called me, and I came home to your heart.
The triumph was--to reach and stay there; since
I reached it ere the triumph, what is lost?
Let my hands frame your face in your hair's gold,
You beautiful Lucrezia that are mine!
"Rafael did this, Andrea painted that;
"The Roman's is the better when you pray,
"But still the other's Virgin was his wife--"
Men will excuse me. I am glad to judge
Both pictures in your presence; clearer grows
My better fortune, I resolve to think.
For, do you know, Lucrezia, as God lives,
Said one day Agnolo, his very self,
To Rafael . . . I have known it all these years . . .
(When the young man was flaming out his thoughts
Upon a palace-wall for Rome to see,
Too lifted up in heart because of it)
"Friend, there's a certain sorry little scrub
"Goes up and down our Florence, none cares how,
"Who, were he set to plan and execute
"As you are, pricked on by your popes and kings,
"Would bring the sweat into that brow of yours!"
To Rafael's!--And indeed the arm is wrong.
I hardly dare . . . yet, only you to see,
Give the chalk here--quick, thus, the line should go!
Ay, but the soul! he's Rafael! rub it out!
Still, all I care for, if he spoke the truth,
(What he? why, who but Michel Agnolo?
Do you forget already words like those?)
If really there was such a chance, so lost,--
Is, whether you're--not grateful--but more pleased.
Well, let me think so. And you smile indeed!
This hour has been an hour! Another smile?
If you would sit thus by me every night
I should work better, do you comprehend?
I mean that I should earn more, give you more.
See, it is settled dusk now; there's a star;
Morello's gone, the watch-lights show the wall,
The cue-owls speak the name we call them by.
Come from the window, love,--come in, at last,
Inside the melancholy little house
We built to be so gay with. God is just.
King Francis may forgive me: oft at nights
When I look up from painting, eyes tired out,
The walls become illumined, brick from brick
Distinct, instead of mortar, fierce bright gold,
That gold of his I did cement them with!
Let us but love each other. Must you go?
That Cousin here again? he waits outside?
Must see you--you, and not with me? Those loans?
More gaming debts to pay? you smiled for that?
Well, let smiles buy me! have you more to spend?
While hand and eye and something of a heart
Are left me, work's my ware, and what's it worth?
I'll pay my fancy. Only let me sit
The grey remainder of the evening out,
Idle, you call it, and muse perfectly
How I could paint, were I but back in France,
One picture, just one more--the Virgin's face,
Not yours this time! I want you at my side
To hear them--that is, Michel Agnolo--
Judge all I do and tell you of its worth.
Will you? To-morrow, satisfy your friend.
I take the subjects for his corridor,
Finish the portrait out of hand--there, there,
And throw him in another thing or two
If he demurs; the whole should prove enough
To pay for this same Cousin's freak. Beside,
What's better and what's all I care about,
Get you the thirteen scudi for the ruff!
Love, does that please you? Ah, but what does he,
The Cousin! what does he to please you more?

I am grown peaceful as old age to-night.
I regret little, I would change still less.
Since there my past life lies, why alter it?
The very wrong to Francis!--it is true
I took his coin, was tempted and complied,
And built this house and sinned, and all is said.
My father and my mother died of want.
Well, had I riches of my own? you see
How one gets rich! Let each one bear his lot.
They were born poor, lived poor, and poor they died:
And I have laboured somewhat in my time
And not been paid profusely. Some good son
Paint my two hundred pictures--let him try!
No doubt, there's something strikes a balance. Yes,
You loved me quite enough. it seems to-night.
This must suffice me here. What would one have?
In heaven, perhaps, new chances, one more chance--
Four great walls in the New Jerusalem,
Meted on each side by the angel's reed,
For Leonard, Rafael, Agnolo and me
To cover--the three first without a wife,
While I have mine! So--still they overcome
Because there's still Lucrezia,--as I choose.

Again the Cousin's whistle! Go, my Love.

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Source:
https://en.wikipedia.org/wiki/Andrea_del_Sarto_(poem)
https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Browning